La Riolle: la perle de la boutonnière de Ligueil

La « boutonnière de Ligueil » est le terme consacré pour décrire les spécificités géologiques, agricoles et paysagères d’un territoire particulier constitué d’une douzaine de communes: Bournan, Ciran, Civray sur Esves, Cussay, Esves le Moutier, La Chapelle Blanche, Ligueil, Mouzay, Sepmes, Vou, Varennes.

Evoquer la boutonnière de Ligueil c’est faire référence à une unité de paysages, de sols, d’architecture, de matériaux, de couleurs… Cette boutonnière a été façonnée par des mouvements géologiques de soulèvement et de plissements des terrains au cours des millions d’années qui nous ont précédé, et qui ont été secondairement usés (encore pendant des millions d’années) par la circulation des cours d’eau.

Les cours d’eau sont ici quasiment parallèles: l’Esves, l’Estrigueil, la Ligoire, la Riolle, donnant une remarquable unité à cette boutonnière de Ligueil. (Fig 1 à 3)

 

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Les informations et illustrations que nous diffusons ici sont tirées de l’ouvrage de référence, l’Atlas des paysages de l’Indre et Loire, produit en 2000 par les instances départementales et régionales pour permettre aux services de l’Etat d’optimiser ses politiques en Touraine. (1)

Le pays de Ligueil est une enclave paysagère, bien limitée, procurant un effet de surprise par la découverte d’un paysage totalement « à part » par rapport à son environnement. La boutonnière de Ligueil est caractérisée par un relief marqué, avec des vallonnements nerveux bien dessinés (orientation est-ouest) et soulignés par les lignes des champs. Si la structure paysagère est constante, il faut noter de petites variations en terme d’échelles de vallonnements : certains sont larges et évasés et ouverts comme au niveau de Bournan – Civray sur Esves, d’autres au contraire sont serrés et plus fermés par une végétation plus dense comme au niveau d’Esves Le Moutier, de Varennes, du vallon du château de Grillemont… Les rivières sont très sinueuses…et les fonds de vallées constitués de prairies naturelles ou de peupleraies.

Le paysage est dessiné par des lignes souples et douces, rondes maternelles, desquelles se dégagent une harmonie tranquille et agréable. Le dynamisme visuel engendré par la sinuosité des routes et le jeu du relief est renforcé par les très nombreux relais visuels qui ponctuent et animent les ondulations des collines :

  • Les fermes et hameaux sur les hauteurs des vallonnements,
  • Les clochers des bourgs, les bourgs eux mêmes, ou les châteaux installés sur les vallonnements
  • Un habitat ponctuel dans les vallées avec quelques moulins.
  • Les arbres isolés (chênes et noyers isolés dans les champs et le long des routes, tilleuls auprès des fermes) et quelques bosquets et petits bois. A noter, trois masses boisées importantes : les bois de Grillemont au nord, la forêt de Saint Senoch à l’est et les bois du Prouray au sud-ouest. Ces bois engendrent ponctuellement une ambiance mystérieure très dense, un paysage fermé sans aucune vue lointaine. Implantés en limite du Ligueillois, comme des portes ou des sas, ils renforcent, par le contraste d’ambiance, le caractère si particulier de la boutonnière.
  • Quelques points discordants, peu nombreux mais très marquants, comme la coopérative agricole et le château d’eau de Ligueil, la coopérative de Varennes, le silo de la Chapelle Blanche, viennent souligner la rupture d’harmonie.
  • Au total l’atlas parle « d’ un paysage de courbes harmonieuses et de douceur, d’une végétation qui anime et ponctue…d’un paysage ouvert et très sensible. Avec une agriculture riche, comme en témoigne l’architecture des fermes et l’entretien soigné des bois et des champs. Un paysage calme et paisible qui semble vivre au rythme de l’agriculture » (Fig 4,5,6)

Ces particularismes et richesses de la boutonnière de Ligueil n’ont pas échappé au promoteur d’éoliennes David énergie, qui signalait dans ses présentations powerpoint, au tout début du projet de Sepmes, le 12 janvier 2016:

« 6 monuments historiques sont situés à une distance inférieure préconisée par les services de la DREA et de la DRAC et 7 monuments sont susceptibles de disposer d’interactions visuelles… La ZIP2 présente davantage de contraintes. Elles nous amènent à nous interroger sur sa compatibilité à l’échelle du paysage de la boutonnière de Ligueil, sur le risque d’effet de surplomb dans un territoire singularisé par les silhouettes des églises et des châteaux servant de relais visuels rythmant ce paysage, et in fine sur la pertinence de l’implantation ».

Il faut aller au bout du raisonnement et conclure que ce projet n’a pas sa place dans la boutonnière de Ligueil, juste au dessus de sa perle: la vallée de la Riolle.

(1) Atlas des paysages de l’Indre et Loire Ce document remarquable est accessible par chapitres (près de 400 pages au total) sur le site.     https://biblioweb.hypotheses.org/25219

Les objectifs de cette étude ont été de permettre aux services de l’État et en particulier à la DDE, de disposer d’un état des lieux des paysages d’Indre-et-Loire réalisé sur une période donnée (1999-2001), au travers de ses unités et sous-unités paysagères, clair, justifié, pédagogique, et qui soit un outil de travail et de communication. Les comités chargés d’élaborer l’Atlas étaient composés de : Mme Genty, M. Pacaud (DIREN Centre), M. Girard (DRE), M. Tardivo et Grandbarbe & Mme Laluque-Allano (DDE 37), M. Thomas (Paysagiste Conseil) Melle Biot (Conseil Général), M. Chopineau (Chambre d’agriculture), M. Saintillan (SDAP) Mme Perreaux & M. Painsonneau (DDAF)

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